Le chanvre, une plante utile à la biodiversité
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SOMMAIRE
Et si une plante connue pour ses fibres et ses cannabinoïdes était aussi un atout pour les champs ? Le chanvre CBD peut limiter certains intrants, couvrir rapidement le sol et trouver sa place dans une rotation. Alors faisons le point ensemble.
Selon la variété, la densité de semis et les conditions de culture, les plantes peuvent rapidement occuper l’espace entre les rangs. Les feuilles captent alors une grande partie de la lumière disponible, tandis que le couvert limite celle qui atteint le sol.
Pour les adventices, ce n’est pas vraiment une invitation à s’installer. Des travaux agronomiques décrivent ainsi le chanvre comme une culture capable de bien concurrencer les mauvaises herbes et qui peut, dans certaines conditions, être cultivée avec peu ou pas d’herbicides.
La pression des adventices dépend du sol, du climat, de la variété, de la densité de plantation et des pratiques agricoles. Une culture bien implantée n’aura pas forcément les mêmes besoins qu’une parcelle où la levée est difficile.
Le chanvre peut donc contribuer à réduire la pression des adventices, mais ce n’est pas une solution magique contre toutes les plantes indésirables.
Quand tu regardes un champ de chanvre, tu vois surtout ses longues tiges et ses feuilles. Sous terre, je te rappelle qu’il se passe aussi beaucoup de choses.
Le système racinaire du chanvre peut atteindre une profondeur importante et contribuer à créer des interactions avec le sol. Comme pour toute culture, les racines apportent de la matière organique à travers leurs exsudats et leurs résidus, ce qui participe aux échanges entre la plante et les organismes du sol.
Il serait exagéré de dire que le chanvre “régénère” automatiquement n’importe quelle parcelle. En revanche, son intégration dans un système agricole diversifié peut participer à une gestion plus intéressante du sol. Les recherches sur les rotations montrent justement que diversifier les cultures favorise les interactions entre racines, microorganismes et matière organique du sol.
Une rotation consiste à faire se succéder différentes espèces sur une même parcelle au fil des saisons. Cette diversité permet de modifier les prélèvements de nutriments, les systèmes racinaires et les pressions exercées par certains ravageurs ou agents pathogènes.
Le chanvre peut être intégré à des rotations avec des céréales ou des légumineuses. Les recommandations varient selon le type de chanvre cultivé, la région et les objectifs de production.
C’est une question intéressante, surtout lorsqu’on parle de biodiversité.
Le chanvre est une plante anémophile, c'est-à-dire que son pollen est principalement transporté par le vent. Les fleurs mâles produisent du pollen en abondance, tandis que les plantes femelles portent les inflorescences recherchées pour leurs cannabinoïdes, qui donnent nos fameuses fleurs de CBD.
Le chanvre n’est donc pas comparable à une culture dont les fleurs sont spécialement conçues pour attirer les abeilles avec du nectar. Mais cela ne signifie pas qu’un champ de chanvre n’a aucun intérêt pour les insectes.
Une étude menée sur les communautés d’arthropodes associées au chanvre industriel a montré que la culture pouvait accueillir différents groupes d’insectes et que sa présence dans les paysages agricoles pouvait contribuer à la diversité des habitats disponibles.
On entend parfois que le chanvre demande très peu d’eau, mais ce n’est pas totalement vrai.
Le besoin hydrique varie selon la variété, le climat, le type de sol, la température et la durée du cycle. On sait que les besoins en eau du chanvre sont autour de 500 à 700 mm d’eau sur la saison en Europe, avec des variations importantes selon les conditions locales.
Le chanvre a besoin d’une disponibilité suffisante en eau pendant son installation et certaines phases de croissance. Une fois son système racinaire bien développé, il peut supporter des périodes relativement plus sèches, mais cette capacité dépend elle aussi de la variété et de l’environnement. Par exemple, dans les régions méditerranéennes, une irrigation peut donc être nécessaire.
Même logique pour les intrants. Le chanvre peut présenter une bonne capacité à concurrencer les adventices, ce qui peut limiter le recours aux herbicides, mais ses besoins nutritionnels ne sont pas nuls.
L’azote, le phosphore et le potassium interviennent dans sa croissance, avec des besoins qui varient selon la destination de la culture (fibre, graines ou cannabinoïdes). Le sol, le climat et la variété modifient aussi les besoins.
Une fertilisation raisonnée commence donc par la connaissance du sol. Apporter systématiquement davantage d’engrais ne signifie pas obtenir une meilleure récolte.
Le type de production compte également dans les besoins de la plante. Une culture destinée à la fibre n’a pas exactement les mêmes objectifs agronomiques qu’une culture destinée aux fleurs riches en cannabinoïdes. Il faut également considérer la modernité de la production et les innovations de la culture du chanvre.
Quant aux pesticides, certaines productions peuvent être conduites avec un recours limité aux traitements grâce à la concurrence exercée sur les adventices et à la capacité du chanvre à se développer rapidement.