Coccinelle sur une feuille de chanvre en serre avec pièges chromatiques jaunes

Comment les cultivateurs protègent le chanvre sans pesticides

Écrit par : Benjamin Poirel Nadal

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Temps de lecture 5 min

Tu imagines peut-être une culture sans pesticides comme une culture livrée aux insectes. En réalité, les cultivateurs disposent de nombreuses solutions pour protéger leurs plants. Prévention, surveillance, biodiversité et lutte biologique, je t’explique comment ces méthodes permettent de limiter les ravageurs sans traiter systématiquement les cultures de CBD.


Ce qu’il faut retenir

  • Pucerons, acariens, chenilles et aleurodes comptent parmi les ravageurs du chanvre.
  • Les auxiliaires, comme les coccinelles ou certains acariens prédateurs, contribuent à réguler naturellement leurs populations.
  • Une culture propre repose surtout sur la prévention, l’observation et un environnement favorable à la biodiversité.

Les principaux ravageurs du chanvre


Avant de protéger une culture, encore faut-il savoir contre quoi elle doit se défendre.


Le chanvre peut être attaqué par différents insectes et acariens, selon la variété, le climat et les conditions de culture.


Les pucerons font partie des ravageurs les plus courants. Ils prélèvent la sève des plantes et peuvent affaiblir les jeunes pousses lorsqu’ils sont nombreux.


Les tétranyques, de minuscules acariens, apprécient particulièrement les conditions chaudes et sèches. Leur présence peut provoquer de petites décolorations sur les feuilles et, lorsque l’infestation progresse, leur dessèchement.


Les chenilles causent des dégâts différents. Elles consomment directement les feuilles et parfois d’autres parties de la plante. Certaines espèces de papillons pondent leurs œufs sur le chanvre, laissant leurs larves se développer directement sur les plants.


Les aleurodes, reconnaissables à leur petite taille et à leur aspect blanc, prélèvent eux aussi la sève.


Mais apercevoir quelques insectes ne signifie pas forcément qu’il faut intervenir. Dans une culture sans pesticides, l'objectif est aussi de maintenir les populations de ravageurs à un niveau acceptable.

La prévention commence avant l’apparition des ravageurs


La meilleure stratégie reste souvent celle qui permet d’éviter qu’un problème prenne de l’ampleur.


Le choix de la parcelle compte déjà beaucoup. Un sol adapté, un bon drainage et une circulation suffisante de l’air contribuent à créer des conditions favorables aux plants.


La rotation des cultures fait également partie des pratiques utilisées en agriculture. Cultiver la même espèce au même endroit de manière répétée peut favoriser certains organismes associés à cette culture.


La gestion de la végétation autour des plants demande aussi un certain équilibre. Certaines plantes peuvent servir de refuge à des ravageurs, mais une parcelle totalement dépourvue de végétation n’est pas forcément préférable. Une diversité maîtrisée peut au contraire favoriser la présence d’organismes utiles.

Chrysope, insecte auxiliaire, posée sur une feuille de chanvre

Observer avant d’intervenir


Une culture propre repose beaucoup sur la surveillance.


Les cultivateurs peuvent inspecter régulièrement les feuilles, les tiges et les fleurs CBD afin de repérer les premiers signes d’un problème (insectes, œufs, traces de morsures, toiles, décolorations ou déformations).


Des pièges de surveillance peuvent aussi permettre de détecter certains insectes volants et de suivre l’évolution de leur population.


Cette observation permet d’adapter la réponse à la situation réelle.

Les auxiliaires, les prédateurs naturels des ravageurs


Les auxiliaires sont des organismes utiles à la culture, notamment parce qu’ils peuvent contribuer à réguler les populations de ravageurs.


La coccinelle est l’exemple le plus connu. Certaines espèces, notamment au stade larvaire, consomment de nombreux pucerons.


Les chrysopes sont également intéressantes. Leurs larves se nourrissent notamment de pucerons et de petits insectes à corps mou.


Certaines punaises prédatrices peuvent s’attaquer à différents ravageurs, tandis que des acariens prédateurs sont utilisés contre certains acariens nuisibles. Des espèces du genre Phytoseiulus, par exemple, sont connues pour leur utilisation contre les tétranyques.


Il existe aussi des parasitoïdes, notamment certaines petites guêpes. Elles pondent leurs œufs dans ou sur des insectes ravageurs. Le développement de leur progéniture finit par tuer l’hôte.

Favoriser naturellement les insectes utiles


Le cultivateur peut aussi chercher à créer un environnement favorable à leur présence. Des haies, bandes fleuries, plantes mellifères et zones refuges peuvent fournir nourriture et abris à différents organismes.


Cette biodiversité du chanvre profite aussi aux pollinisateurs et participe à la création d’un écosystème agricole plus varié.

Les pratiques culturales qui réduisent les risques


Une densité de plantation adaptée facilite notamment la circulation de l’air. Une végétation trop compacte peut créer un microclimat humide qui favorise certains problèmes.


Un excès d’eau, un mauvais drainage ou des conditions trop irrégulières peuvent fragiliser les plants. La gestion de l’eau est donc importante également.


Même chose pour la fertilisation. Une alimentation équilibrée permet d’éviter certains déséquilibres de croissance et une fertilisation excessive n’est pas synonyme de plante plus résistante.


Nettoyer correctement les outils et retirer rapidement les parties végétales fortement infestées peut contribuer à limiter la propagation d’un problème.

Sans pesticides ne signifie pas sans intervention


Une culture sans pesticides n’est pas une culture sans protection.


Si les ravageurs deviennent trop nombreux, plusieurs méthodes peuvent être envisagées selon le type de production et les règles applicables. On peut effectuer le retrait mécanique des parties infestées, utiliser des pièges, des barrières physiques ou avoir recours à une lutte biologique renforcée.


Certains produits peuvent également être autorisés dans certains cahiers des charges, notamment en agriculture biologique. Cela ne signifie donc pas que « sans pesticides » et « biologique » sont strictement synonymes.


L’idée est surtout de privilégier une intervention ciblée et proportionnée, plutôt qu’un traitement systématique de toute la culture.

Une culture propre repose sur l’équilibre


Protéger le chanvre sans pesticides demande finalement beaucoup d’observation.


Le cultivateur agit sur plusieurs paramètres (choix de la parcelle, rotation des cultures, gestion de l’eau, fertilisation, surveillance des plants et maintien de la biodiversité). Les auxiliaires viennent compléter ce dispositif en régulant naturellement certains ravageurs.


On ne cherche pas à obtenir une parcelle totalement dépourvue d’insectes, on veut une culture vivante qui peut abriter simultanément des ravageurs, des prédateurs, des pollinisateurs et de nombreux autres organismes.

Benjamin Poirel-Nadal

Article rédigé par Benjamin Poirel-Nadal

Passionné par le bien-être naturel et les plantes aux multiples vertus , j’explore depuis plusieurs années les bienfaits du CBD et de ses différentes formes.


Mon objectif ? Vous partager des informations claires , des avis sincères, et des conseils pratiques pour vous aider à intégrer le CBD en toute confiance et sérénité dans votre quotidien.